Jean Auvray (1590-1630)

Sonnet

Ma belle un jour dessus son lit j'approche
Qui me baisant là sous moi frétillait
Et de ses bras mon col entortillait
Comme un Lierre une penchante Roche.

Au fort de l'aise et la pâmoison proche
Il me sembla que son oeil se fermait,
Qu'elle était froide et qu'elle s'endormait
Dont courroucé je lui fis ce reproche :

Vous dormez donc ! Quoi Madame êtes-vous
Si peu sensible à des plaisirs si doux ?
Lors me jetant une oeillade lascive

Elle me dit : Non non mon cher désir
Je ne dors pas mais j'ai si grand plaisir
Que je ne sais si je suis morte ou vive.

Madame un jour sur mes genoux assise

Madame un jour sur mes genoux assise
D'un luth charmoit mon esprit traversé,
Quand pour jouer do son luth tenversé
Habilement je levay sa chemise.

Amour adonc enflamme, allume, attize
Le feu qu'il a dans nos ames versé.
Je me pasmois et ma belle Circé
Mouroit aussi d'un mesme feu éprise.

Quoi ! dis-je alors, tes doigts n'en peuvent plus ?
Dessus le manche ils languissent perclus
Sans fredonner les accords que te passes ?

Elle me dict, mon desirable objet,
Mes doigts n'ont rien qu'à tenir le suject :
Assez mon cul fredonne sur les basses.

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Dánta saor ó chóipcheart. Suíomh © 2003 Éamon Mag Uidhir